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Souvenez-vous. C’était il y a dix ans à peine. Il pesait
près de 400 grammes, ses batteries s’épuisaient
rapidement, et il ne servait qu’à…téléphoner.
Aujourd’hui, il pèse 60 grammes et s’est transformé en
agenda électronique, en console de jeux, en terminal
Internet ou encore en baladeur. “Il”, c’est le téléphone
portable. La téléphonie mobile cellulaire a, en effet,
connu un développement considérable. Et les progrès de
la miniaturisation, permettant l’ajout de composants
plus nombreux, ou les nouveaux matériaux rendent le
mobile toujours plus petit, plus léger, plus puissant et
donc… plus rapidement obsolète. Ce qui pousse le
“mobilomaniaque” à changer plus souvent de téléphone.
7
à 10 millions de tonnes de déchets électroniques en
Europe…
Au-delà de l’aspect
consommation, la téléphonie mobile pose, aujourd’hui,
une problématique
écologique soulevée, en son temps, par d’autres produits
électroniques : le devenir des déchets issus des
appareils. On estime que les Européens jettent, chaque
année, entre 7 et 10 millions de tonnes de matériels
électroniques. En France, vieilles télévisions,
téléphones portables et ordinateurs hors service ou
dépassés représentaient, à eux seuls, 1,5 million de
tonnes en 2001. Dans les années à venir, ce chiffre
pourrait croître de 3 à 5 % par an. Avec un impact
certain sur l’environnement…Car, au même titre que les
ordinateurs, les téléphones portables contiennent des
composants qui peuvent servir à nouveau, et surtout
d’autres qui risquent de nuire à l’environnement. Ainsi,
les batteries en nickel-cadmium, intégrées dans certains
combinés, sont considérées comme des déchets dangereux ;
via un processus de recyclage, il serait possible de
séparer des matériaux comme le cuivre, l’argent et l’or.
Les mobiles les plus récents contiennent également des
métaux rares comme le tantalum.
Le
déchet “mobile”, une préoccupation européenne
Sur les
25 kilos de DEEE produits chaque année par un Français,
moins de 2 sont collectés proprement. Comme les
consommateurs achètent de plus en plus d’ordinateurs ou
de mobiles et que, parallèlement, la durée de vie de ces
équipements diminue, les déchets qui en résultent
augmentent trois fois plus vite que les déchets
ménagers. Plus question de jeter les téléphones
portables hors d’usage avec les déchets ménagers ?
C’est, semble-t-il, l’ambition affichée par l’Union
européenne avec l’adoption de directives qui fixent à
2004 l’obligation de recycler les combinés portables.
Des mesures préalables avaient déjà été prises pour la
récupération des piles et batteries, obligatoire depuis
le 1er janvier 2001. Mais beaucoup reste à faire pour
les portables : mettre en place des systèmes de collecte
et de traitement de ces déchets, sensibiliser opérateurs
et consommateurs au risque écologique possible, et,
surtout, restreindre l’usage de substances dangereuses
dans ces appareils. Et ce, à la fois en Europe de
l’Ouest, en Amérique du Nord et en Asie : trois zones
géographiques qui se partagent, à elles seules, 71 % du
marché “mobile”.
Une
responsabilité industriel-consommateur
Outre la
réflexion menée au (seul) niveau européen, la quantité
de substances chimiques, dont les effets sur
l’environnement ne sont pas bien connus ou apparaissent
souvent avec le temps, doit être une préoccupation
majeure. Quelle action mener, alors, pour les téléphones
“ancienne génération” ? Les associations
environnementales, elles, dénoncent la lourdeur et la
complexité des procédures d’analyse des composants.
Elles mettent aussi en cause l’obstruction des
industriels. Pour elles, les substances non analysées ou
déclarées toxiques devraient être interdites. Une
position catégorique que ne partagent pas les autorités
européennes, notamment, prenant en compte le poids
économique important de ce “nouveau” secteur industriel.
Aujourd’hui, pour favoriser la récupération de ces
téléphones mobiles dépassés ou hors service, la
restitution des appareils aux fournisseurs, opérateurs
et autres producteurs représente l’orientation la plus
réaliste. Une démarche qui, pour réussir, implique la
participation et la responsabilisation de toutes les
personnes concernées par le produit, de l’industriel au
consommateur.
Tantalum : Métal
gris, de couleur analogue à celle de l’argent ou du
platine, utilisé comme conducteur de chaleur ou
d’électricité, souvent sous forme de poudre. Il est très
résistant à la corrosion et à presque toute attaque
chimique en dessous de 150 °C. Il ne fond que vers 2 996
°C. |
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